Dénaturaliser l’écologie

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Dossier préparé et introduit par Salvador JUAN pour L’Homme et la société n° 218 (2023/1), 324 p.

L’environnement façonné par les humains engendre aujourd’hui de multiples crises. Face à leur ampleur et à leur complexité, il est manifeste que le traitement actuel de l’ensemble des questions écologiques n’est pas à la hauteur des problèmes posés. L’inertie socio-économique en matière d’enjeux environnementaux est manifeste, tant par la consommation des particuliers, peu modifiable culturellement ou vu les contraintes structurant la vie quotidienne, que par les appareils industriels qui continuent d’émettre divers polluants et même d’investir dans des matériaux et procédés producteurs de carbone à court terme.
Dénaturaliser l’écologi(sm)e, ce n’est pas nier l’épaisseur ou l’autonomie – d’ailleurs de plus en plus relative – des phénomènes naturels qu’étudient les sciences biologiques, mais montrer les causes historiques et socioéconomiques ou politiques de leur dégradation.
En renvoyant dos-à-dos le catastrophisme de l’effondrement imminent et les dénis de réalité qui s’appuient sur la foi dans la technique ou le progrès dans la résolution des problèmes écologiques, la revue présente des analyses portant sur les principaux obstacles conceptuels, politiques, économiques, géographiques, juridiques, sociaux et culturels à la transition écologique. Ce dossier traite de thèmes tels que les premiers débats sur la finitude de la planète, les fondements d’une écologie politique anthropocentrée, le lobbying des pollueurs, la place de la technique au regard des risques technoscientifiques, la juridisation de l’écologie et le droit de l’environnement bousculé par la désobéissance civile, les difficultés et contradictions en matière tant de conversion agricole que de consommations individuelles ou de réforme écologique des modes de vie.

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